dimanche 23 avril 2017

Critique n°44 : Ghost in the Shell, le retour du cyberpunk japonais

Ca fait bien longtemps qu’on ne s’est pas permis une petite critique cinématographique. Alors laissons-nous aller avec ce film, paru le 29 mars 2017 en France et réalisé par Rupert Sanders, et reprenant un manga iconique du cyberpunk, où sont posées toutes les questions liées à l’humain augmenté : la place de la conscience, de la machine, de l’augmentation, de la morale ou de l’éthique derrière l’amélioration, de la déshumanisation, et de la question primordiale qui est de savoir si dans un corps cybernétique peut subsister ou se former un ghost, un esprit, une âme.
 
Scarlett pour jouer un agent japonais, certains crient au scandale.

I. Les origines du film

Le manga de Masamune Shirow développait toutes ces questions dans les années 90, à travers les bottes (augmentées) du major Kusanagi, soldat d’élite de la Section 9 et devant s’occuper des affaires de terrorisme, dans un monde où il est possible de pirater une conscience, de voler une mémoire, ou de faire un transfert physique de cerveau. Pas un monde très gai, comme la plupart des mondes cyberpunk. Ce genre de monde se caractérise comme un genre de la science-fiction, dans un monde proche du nôtre mais un peu plus avancé technologiquement, où cohabitent machines et sociétés dyspotiques, et qui présentent généralement les travers de la technologie. 
 
Le film de 2017 est plus "puritain" que celui de 1995.

Le manga a eu une vraie résonance avec la sortie en 1995 de son premier film animé. S’en sont ensuivis deux autres films, trois séries animées, quelques jeux vidéos, jusqu’à arriver au film dont on traite, et qui reprend grosso modo l’intrigue du film de 1995, avec quelques clins d’œil dans le film. Il est donc évident que si vous connaissez le manga et l’animé, vous risquez d’avoir peur en imaginant un film avec tous ces éléments. On va voir ça.

II. Un espace cyberpunk assumé


Reprenant l’architecture tentaculaire des villes du manga, un vrai travail a été porté sur la réalisation du film et sur ses effets spéciaux. Des hauteurs d’une ville gigantesque, jusqu’aux bas-fonds où cohabitent drogués de l’information et cadavres, on se retrouve bel et bien dans un monde unique, avec ses publicités et ses images 3D emplissant l’espace public, ses rues pleines de couleurs et de lumières, ses quartiers pauvres tout gris, et les bureaux de scientifiques (fous) toujours aussi science-fiction. Le tout fait un peu collection de scènes différentes, heureusement unies par l’intrigue et par une certaine logique faisant cohabiter ces espaces. 


A l’intérieur de ceux-ci, on se retrouve au sein de la Section 9, avec des personnages majoritairement occidentaux, ce qui a pu faire couler beaucoup d’encre dans une intrigue censée se dérouler au Japon, dans une section d’élite du Ministère de la défense japonais. Toutefois, on peut considérer que dans une société multiculturelle où n’importe quel être humain peut changer son enveloppe corporelle s’il en a les moyens ou la nécessité, ce n’est pas extrêmement grave, d’autant plus que le patron et quelques agents le sont tout à fait, les rendant d’ailleurs plus humains que les augmentés. Le patron se paye même un doublage entièrement en japonais. Une objection qui n’a donc pas forcément cours. 
 
C'est quand même pas mal.

III. Qu’est-ce qu’un être humain ?

A la tête de cette section, le major Kusanagi, planté par Scarlett Johansson, se retrouve impliquée dans une affaire de terrorisme qui va l’impliquer davantage qu’elle ne le pensait de prime abord. Le film n’est pas manichéen, et le monde est loin d’être doré, et c’est quelque chose qui transparait du film comme du manga original. Le film est dense, bourrés de scènes d’action bien chorégraphiées, mais aussi de moments remplis de malaise lorsqu’on découvre ce que signifie un monde où l’être humain peut être augmenté. Cette déshumanisation, portée dans le regard un peu trop froid du major sur les choses, et transposée dans les différents éléments de l’histoire, porte la question de ce qui définit un être humain durant tout le film, questionnement que je ne pensais pas avoir dans un live-action d’un manga, et qui a été une excellente surprise. 
 
Plusieurs scènes de ce genre sont à attendre dans ce genre de monde.

Loin d’être un simple film d’action, le terrorisme cybernétique, le rôle des grandes industries, la place du passé, de la mémoire, de l’âme, tout est posé avec un rythme intense, densifiant le film, et se rapprochant ainsi beaucoup de l’œuvre originale, tout en contournant assez habilement le chemin classique de l’histoire dans un dénouement finalement pas totalement nihiliste comme pouvait être celui du film original. Le tout est évidemment porté par une musique typée de science-fiction, avec beaucoup d’électro et de musique d’ambiance, et qui porte bien le film, même si on aurait préféré un peu plus de Kenji Kawai, le faiseur de musiques du premier film, qui mélangeait allègrement chants traditionnels et musique symphonique. Un hommage lui est d’ailleurs rendu dans les crédits : le réalisateur sait d’où il est parti. 
 
Dream team ?
 
Conclusion

Je m’attendais à un échec patent, j’en ressors avec un bilan largement positif, contrairement à ce que j’ai pu lire ça-et-là sur la toile. Toutes les questions posées par le manga sont là, le film avance vite, est aussi dense que le film de 1995 (en deux fois moins long), comporte beaucoup de scènes d’action nous rappelant que nous sommes dans une section des forces spéciales, et a un univers bien à lui. Le scénario bondit sans discontinuer. On peut se plaindre du casting occidentalisé, mais lorsque les critiques s’attardent sur des points stupides de détail, comme les coupes de cheveux ou le besoin d’assentiment à la fin du film du chef de la section (qui s’explique dans un service où l’affaire est portée largement par le major), on se demande si elles sont vraiment valables.
 
L'introduction du film de 1995. Parce qu'il faut la voir.

Quoi qu’il en soit, je n’ai jamais dit être doué pour présenter des films, mais celui-ci m’a bien conquis, et je vous le recommande, parce que c’est un bon film, qui a le mérite de nous faire réfléchir sur le monde qui nous entoure.

Let's Play Dominions 4 - Plavendel : Episode 05

Le peuple démoniaque de Yomi tombe sous notre giron à l'est, les singes de Bandar Log s'agitent au-delà du fleuve, et les fiers fanatiques portent leur regard vers la frontière ouest, à l'assaut de Berytos, d'Ermor et de nos amis singes qui se disputent l'endroit.

jeudi 20 avril 2017

Présentation du Captain - Conquest of Elysium 4

Au menu de ce jeu de rôle un peu spécial dont on parlait ici, on trouve de la difficulté en large dose, de la diversité avec vingt classes uniques, et un monde hostile en tour par tour, où des petites bandes de guerriers tentent de survivre bon gré mal gré. Il s'agit de la deuxième série vidéoludique d'Illwinter Games. Promis, y en a pas d'autres.


dimanche 9 avril 2017

Critique n°43 : Mass Effect, bienvenue à la Citadelle

Vous avez tous entendu parler de la sorte de Mass Effect : Andromeda, l’opus tant attendu par les fans depuis la conclusion de la saga Mass Effect en 2012. Ecriture légère, animations parfois ridicules, quelques faiblesses, la sortie du titre est loin d’avoir fait l’unanimité parmi les fans. Puisque c’est comme ça, je propose dès lors une rétrospective sur chacun des jeux Mass Effect pour voir ce qui faisait leurs forces, ce qui permettra ensuite d’avoir un véritable avis sur le nouveau titre…


Nous sommes en 2007 lorsque sort la nouvelle franchise de Bioware. Les Canadiens du studio se sont faits connaître depuis 1995 par leurs jeux de rôle sur PC, portés par un scénario riche et un système de combat en temps réel pausable : Baldur’s Gate (1998) basé sur l’univers de Donjons & Dragons, Star Wars : Knight of the Republic (2003), un des meilleurs jeux Star Wars existant. Rachetés par Electronic Arts en 2007, c’est le moment où une nouvelle série vidéoludique voit le jour.

I. Il y a longtemps, dans une galaxie lointaine…

Tout commence par un tir d’arme à énergie de trop. Une détonation dans le lointain qui indique la mort de l’agent de la Citadelle avec lequel vous êtes en mission. Tout va mal dans cette mission d’accroche : les colons humains de la petite planète d’Eden Prime ont été massacrés par les Geths, des créatures à l’allure robotique, et la balise que vous recherchiez, signe d’une civilisation perdue, s’autodétruit sous vos yeux. Un début douloureux pour le Commandant Shepard, que vous incarnez.

Les conflits sont proches...

Bienvenue dans une galaxie où les humains, grâce aux artefacts prothéens et à la technologie du « Mass Effect » ont réussi à s’intégrer dans l’espace concilien, centré autour de la Citadelle, véritable capitale d’un monde où toutes les races cohabitent plus ou moins bien, colonisent des planètes sous l’accord préalable du Conseil dans la limite de souveraineté de celui-ci. Les humains sont des nouveaux venus dans la galaxie, et combattent politiquement pour assurer une place de choix dans cet espace concilien. D’autant qu’Eden Prime semble être le commencement de quelque chose d’assez gros. Il vous faut dès lors faire vos preuves pour pouvoir être le premier SPECTRE humain, un soldat d’élite au-dessus des lois et capable de traquer le Turien responsable de l’attaque sur votre colonie.

Bienvenue dans votre vaisseau

Entre découvertes de planète, de nouveaux artefacts, de sociétés unies par un lourd secret et qui ne se dévoilent qu’après, le commandant Shepard et son équipage sillonnent la galaxie pour essayer de découvrir ce qu’il s’est passé sur Eden Prime, et d’y porter un terme. Il s’avère que quelque chose de très dangereux est à l’œuvre. Mass Effect est donc un univers, un scénario qui étend ses pattes dans toutes les directions, et qui nous immerge dans un monde spécifique, où les humains n’ont pas forcément une place d’honneur, où les peuplades extraterrestres forment l’essentiel du peuplement de la galaxie, et où vous devrez régler des conflits par la discussion, ou par les armes à énergie. 

Gentil le Krogan, gentil...

II. Un RPG avant tout

Vous dirigez donc un baroudeur, que vous paramétrez physiquement au début du jeu, en mettant en place son passé, et en déterminant sa classe. On en compte six : le soldat, maîtrisant toutes les armes du jeu, c’est-à-dire la catégorie pistolet, fusil à pompe, fusil d’assaut, et fusil de précision avec des capacités intéressantes pour attaquer de front ; l’ingénieur qui utilise l’électronique pour s’occuper des boucliers adverses, pour faire surchauffer les armes ennemies et essouffler suffisamment l’adversaire pour porter le coup fatal ; l’adepte, très faible au début du jeu, avec une armure légère, et la possibilité d’utiliser le pistolet sans malus de précision et de stabilité, il est celui qui lancera des pouvoirs à tire-larigot, projetant les ennemis, les faisant léviter ou tomber à terre, ou encore en se protégeant à l’aide de barrière biotiques. Les trois autres classes combinent une partie des pouvoirs de deux classes différentes : le porte-étendard est un adepte-soldat, utilisant le fusil à pompe et ses quelques pouvoirs pour défourailler ; le franc-tireur est un ingénieur-soldat, qui affaiblit ses adversaires avant de les achever avec son fusil de précision ; la sentinelle enfin est un ingénieur-adepte, affaiblissant l’ennemi par l’électronique et ses pouvoirs. 

Mon franc-tireur quand il était encore peu expérimenté. Notez les points de conciliation en haut à gauche. Saleté d'humaniste.

On parle beaucoup de combat dans ce descriptif. Ceux-ci sont en effet, dans les modes de difficulté supérieurs, assez tactiques. Accompagné par deux membres d’équipage parmi une poignée, recrutés pendant vos aventures, vous bénéficiez de la pause tactique, vous permettant de placer vos coéquipiers à couvert, et de leur faire utiliser leurs compétences ou leurs pouvoirs, des vortex biotiques altérant l’espace au piratage des boucliers ennemis. Et certains combats vous imposeront de faire très attention aux couverts, aux soins et aux autres paramètres à prendre en compte. Le jeu se présente ainsi comme un « third person shooter » (TPS) où vous disposez d’une vue par-dessus l’épaule pour viser avec différentes armes. Les combats restent rapides, assez propres, et pas extrêmement passionnants. 

Pause tactique.

III. Donne-moi des quêtes

La quête principale fera visiter différentes planètes avec leur environnement, leurs ennemis, et leurs problèmes à résoudre, dans le but d’atteindre Saren. Mais de nombreuses quêtes secondaires viendront égayer l’aventure. Certaines restent intéressantes, notamment celles au sein des mondes à visiter, et permettent d’augmenter les différents niveaux, mais la plupart sont extrêmement génériques, et imposent de se poser sur des planètes qui se ressemblent toutes, d’explorer légèrement à l’aide d’un engin tout-terrain qui se contrôle avec les pieds, le tout pour se retrouver dans des bases souterraines qui ont le mérite d’avoir toutes la même structure. Des quêtes qui ressemblent à des quêtes de remplissage, d’autant que parfois, la seule conséquence de ce genre de quête est un message textuel s’affichant sur votre écran. On est loin des choix un peu plus cruciaux à faire lors des quêtes principales, et pouvant résulter en la mort de vos coéquipiers, ou la mise en place d’un élément qui pourra se maintenir sur les différents épisodes.

Les séquences au Mako, pas passionnantes...

Faire des quêtes et avancer apportera des points d’expérience, qui permettront de passer des niveaux dans différentes compétences, notamment pour améliorer vos capacités à discourir, vos compétences spéciales, vos techniques, et celles de vos coéquipiers. On dispose aussi d’un inventaire très vite rempli à ras-bord, avec armes, armures, mods d’armes et d’armures, types de munition, qu’il s’agira de vendre ou de transformer en omni-gel. On peut aussi parler des phases de la quête principale dans le véhicule tout-terrain appelé le Mako, qui consistent généralement à avancer tout droit en tirant sur tout ce qui bouge, ce qui est assez long et répétitif. Enfin, comment parler de Mass Effect sans la roue des dialogues, permettant de répondre d’une manière conciliante, neutre ou pragmatique, et qui accordent au fil du temps des points de conciliation ou de pragmatisme permettant de résoudre des problèmes épineux (du genre, comment convaincre un Krogan, les vrais comprendront). 

Ca blablate beaucoup.

Conclusion

Mass Effect nous lance en 2007 dans un nouveau monde de science-fiction dont on sort difficilement, entre ses intrigues, ses vaisseaux, ses combats, ses extraterrestres, son histoire allant de rebondissements en rebondissements, le tout dans un monde cohérent et assez vivant, porté par des graphismes assez corrects pour l’époque, et une musique qui vous met dans l’ambiance.

De l'équipement à gogo. Et des mods. Et des munitions. Et des armures. Bref.

Le jeu n’est pas exempt de défauts, notamment avec son inventaire qui déborde, ses quêtes de remplissage, ses phases en Mako, ses combats un peu mous, mais nous propose de prendre part à l’histoire via des choix concrets, et nous faire rencontrer une galerie de personnages attachants, qu’ils soient humains ou non-humains (sauf Kaidan). Le jeu a vieilli, prend un peu de temps pour se mettre en place, notamment au début où vous arpenterez la capitale, mais était à l’époque un des meilleurs RPG existants.

samedi 8 avril 2017

Let's Play Dominions 4 - Plavendel : Episode 04

Le quatrième épisode du let's play sur nos amis fanatiques bleuis est maintenant en ligne. On sécurise la frontière est, on flippe face à la frontière ouest, on se moque de la frontière sud, et en plus votre commentateur favori, c'est-à-dire moi, zozote à cause de la maladie, aujourd'hui terminée, rassurez-vous. Bon épisode.





dimanche 2 avril 2017

L'Actu Vidéoludique du Captain - Mars 2017

On ne présente plus l'Actualité Vidéoludique du Captain, qui en est à son septième épisode papier et son troisième épisode YouTube (malgré la maladie). Au menu ce mois-ci, avec quelques escapades du côté des RPG, on se retrouve avec la continuation d'un premier trimestre chargé.



Crusader Kings II : Monks & Mystics, les fanatiques sont cachés


On le sait, depuis 2012 (voir cet article), les jeux de grande stratégie du studio suédois Paradox Interactive disposent d’un nouveau moteur de jeu, d’une interface efficace, et réussissent leur pari de faire vivre la grande stratégie auprès d’une large audience. Ce passage à l’ère 2.0 s’est accompagné aussi de très nombreux contenus additionnels. Ce mois-ci, c’est le moment de la 11e grande extension de Crusader Kings II, Monks & Mystics.

Déjà loué pour son mélange entre stratégie, politique, jeu de rôles, il s’agit toujours de diriger une dynastie disposant de titres permettant une suprématie plus ou moins marquée sur un comté, un duché, un royaume ou un empire. Les intrigues et les coups fourrés disposent désormais d’une plus grande profondeur. Il sera ainsi possible de rejoindre des sociétés secrètes, de s’entraider entre membres d’une même communauté, de monter en galons au sein de ces sociétés et d’utiliser à bon escient les nouvelles possibilités offertes pour accroître votre pouvoir. Des assassins aux adorateurs de Satan, il y aura de quoi faire.

Cities Skyline : Mass Transit, la folie du dirigeable


Le successeur spirituel de la série Sim City, dont le dernier opus fut plutôt boudé par les fans pour son lancement chaotique et ses mécaniques limitées, ce qui n’est pas peu dire, est arrivé en mars 2015 sous le nom de Cities : Skylines. Edité par Paradox Interactive et développé par le studio finlandais Colossal Order, responsable des deux épisodes de Cities in Motion, jeu de gestion de lignes de transport, Cities Skylines s’imposait comme un city-builder classique et efficace, où il faut mettre à profit vos talents de gestionnaire pour développer vos villes à partir de structures économiques, éducatives, de logements, de réseaux de transport, etc, tout en veillant à l’équilibre de son budget.

Outre le succès dû aux choix douteux des concurrents, de Sim City à Urban Empires dont nous vous parlions en janvier, le jeu surfe sur la vague de son succès pour nous proposer des contenus additionnels : After Dark pour la vie nocturne, Snowfall pour plus de saisons et de systèmes de transport, Natural Disasters pour la gestion de catastrophes (épisode de septembre), et désormais Mass Transit pour étoffer jusqu’à inclure l’espace aérien les moyens de transport de vos administrés. Oui, on parle de dirigeables. Pour un des meilleurs city-builder en vente pour le moment. On attend d’en savoir plus.

Middle Earth - Shadow of War, la guerre des Orks


D’accord, il ne s’agit certainement pas d’un jeu de stratégie. Mais pour avoir testé le précédent ici, pour avoir loué son système de Nemesis permettant à vos adversaires de se renforcer si vous les laisser vous tuer ou s’ils arrivent à s’échapper et à gravir les rangs de leur hiérarchie, et pour avoir vomi le non-respect de la licence à base de créatures qui n’existent pas, de géographie fantaisiste de la Terre du Milieu et d’une intrigue assez passable, on en arrivait à un jeu de combat mixant allègrement Batman et armes médiévales, viscéral comme jamais, très plaisant et joli, et où on finissait par mettre en place une armée d’Orcs à son service.

Le pitch est mis en place, car c’est de cela qu’il va s’agir dans le prochain opus : diriger des Orcs, les faire prendre des forteresses ennemies, placer vos meilleurs chefs à la tête de ces forteresses, recruter des guerriers pour votre gigantesque armée, et attaquer les forteresses adverses à la tête de vos hordes. A coup sûr, on salive d’avance, tout en priant pour un plus grand respect de l’univers de Tolkien. Il est toujours permis d’espérer.

Steel Division : Normandy 44, le wargame à la sauce française reprend du service


Et c’est reparti pour un tour pour les frenchies d’Eugen Systems. Après le STR Act of War entre 2005 et 2006, et l’innovant RUSE en 2010, ils sont les papas bien connus et acclamés de l’excellente série Wargame. Vous emmenant en pleine Guerre Froide, ce jeu de stratégie vous impose de vous charger au mieux du ravitaillement de vos troupes sur place, de leur positionnement, de leur appui aérien, tout en combinant vos efforts pour éviter d'être surclassé dans un coin de la carte en utilisant au mieux l'arsenal à votre disposition. D'European Escalation à Red Dragon, les développeurs français ont rajouté la perspective d'appeler des renforts aériens, et celle de se faire appuyer par la marine. Malgré son côté très tactique et difficile à prendre en main, la série a la côte auprès des joueurs, notamment grâce à sa base de données, qui comptait en 2014 1470 unités historiques de 17 nations sur la période 1945-1991.


Après des packs de nations (on en parle ici) et un Act of Agression paru en 2015 intéressant, mais qui n’a pas eu le succès mérité, les développeurs planchent à nouveau sur un jeu à la Wargame, mais en reculant dans le temps, pour arriver en Normandie en 1944. Les développeurs veulent nous pousser avec une base historique solide à mettre en place des divisions qu’il faudra déployer sur le champ de bataille pour le contrôler, sachant que vous pourrez cette fois faire des prisonniers parmi vos adversaires. On attend donc d’en savoir plus.


Europa Universalis IV : Mandate of Heaven, l’Orient à portée de main




Un nouveau moteur graphique, une interface plus propre, un didacticiel bien fait, un système de jeu toujours aussi riche : deux ans après Crusader Kings II, et après quelques DLC, les développeurs ont décidé de remettre le couvert en sortant une nouvelle mouture de leur série très appréciée Europa Universalis, vous menant grosso modo du XVe au début du XVIIIe siècle, en contrôler les leviers politiques, diplomatiques et militaires propres à un des très nombreux états composant le jeu, du lointain Japon à la Hollande, du Mali à la Suède. Alliances, rébellions, conquêtes, assujettissement, exploration, conquête coloniale, le jeu est extrêmement riche, et s'étend depuis trois ans avec un contenu additionnel toujours plus important, rajoutant de très nombreuses mécaniques, pour gérer les hordes, les états coloniaux, améliorer le commerce, etc.

La prochaine extension se concentrera ainsi sur l'Orient, et plus particulièrement entre la Mandchourie, l'Empire des Ming, la Corée et le Japon. Des mécaniques religieuses spécifiques s'intéresseront au confucianisme et au shintoïsme, l'Empire chinois bénéficiera d'une valeur d'autorité spécifique, basée sur le mandat du ciel, qui baissera ou augmentera au gré des événements, et devra rendre tributaires ses principaux voisins. Le Shogunat et les différents daimyos japonais bénéficieront quant à eux de davantage de mécaniques, permettant de simuler davantage le Sengoku Jidai. Pour le monde dans son ensemble, un nouveau système d'âges va se mettre en place, avec des objectifs précis pour chacun d'eux, permettant d'octroyer des bonus nationaux, voire de proclamer un âge d'or. Toutes ces mécaniques seront vraisemblablement accompagnées de petits DLCs à base de modèles d'unités et de musiques. La facture est salée pour celui qui veut se lancer dans l'aventure, mais c'est toujours un immense plaisir de replonger dans un des meilleurs jeux Paradox.


En Vrac


● Après deux ans d'accès anticipé, le petit Battle Brothers sort enfin. Sous ces airs de Mount & Blade au tour par tour aux graphismes très particuliers, le jeu nous plonge dans les bottes d'une compagnie de mercenaires, qui vivotent de missions en missions, s'équipant grâce au fruit de leurs rapines, perdant des compagnons au fur et à mesure des batailles, et évoluant dans un monde divisé, où sévissent autres bandes de mercenaires, bandits, et même cruels zombies. Le jeu est  dur, tactique, met vos nerfs à rude épreuve, et se retrouve enfin sur Steam. 



● Tout comme je vous ai parlé du nouveau jeu estampillé Seigneur des Anneaux, il m’est impossible d’occulter deux importantes sorties : celle de Zelda Breath of the Wild, qui assurément est la principale raison pour laquelle vous achèterez la Switch au prix où celle-ci est proposée, avec un monde ouvert plein de mystère, de mécaniques non expliquées et de cohérence dans tous les aspects ; et de l’autre côté, celle de Mass Effect : Andromeda, le nouvel opus de la série débutée en 2007 par les spécialistes du RPG à l’occidentale BioWare, et dont les animations font sourire un tas de joueurs, mais qui dispose encore une fois d’un sacré univers à explorer, d’un scénario en béton armé qui étend ses tentacules tout au long du jeu, et d’un système de combat remanié et dynamique. Il y a de quoi faire en mars.



● La mythique et vénérable série de wargame Panzer Corps reprend du service avec Slitherine avec Panzer Corps II. Pour les incultes, rappelons que Panzer General parait en 1994, et permet à base d’hexagones de reproduire les opérations de la Seconde Guerre Mondiale, au tour par tour, en partant à la conquête de points de victoire, avec des mécaniques efficaces. Puis sont venus d’innombrables séquelles, parfois rajoutant des choses, parfois échouant lamentablement comme Panzer General Online. Mais le genre du wargame semble revenir en force, et les vieilles licences sortent à nouveau de l’ombre. Nous verrons donc l’an prochain comme Panzer Corps II tirera son épingle du jeu.



● Le jeu d'Amplitude Studios Endless Space II, dont je vous parle souvent, continue son accès anticipé, et sort une nouvelle race, les Riftborn, venant tout droit d'une autre dimension, et disposant de capacités pour le moins étranges, comme celles de ralentir, d'arrêter, ou d'accélérer le temps dans un système, ou bien encore de faire en sorte que les lois de la physique ne s'appliquent pas aux modèles de vaisseaux, permettant l'adjonction de modules gravitant autour de vos coques sans aucun problème.


L'épisode de mars 2017 en maintenant sous vos yeux. Bonne lecture et bonne vidéo, et rendez-vous le mois prochain pour le prochain AViC. Ciao !

mardi 14 mars 2017

Let's Play Dominions 4 - Plavendel : Episode 03

Dans le troisième épisode, nos fanatiques rencontrent des bandits démoniaques et des singes hindouistes. Ils affûtent leurs armes, se rasent la tête, et se préparent au combat...